Preview...
DJ Hero était en quelque sorte
inéluctable, car dès lors qu'un éditeur avait réalisé que les gens
étaient prêts à payer pour des guitares et des batteries en plastique,
on avait la nette impression qu'il ne faudrait pas attendre longtemps
avant de voir débarquer des platines en plastique. C'est donc avec un
plaisir non dissimulé que je peux vous annoncer que le jeu n'est ni
aussi éculé, ni aussi cynique qu'auraient pu le suggérer les pires
craintes des sceptiques. Ce n'est même pas un jeu bien fait, mais
ennuyeux. Tout au contraire, il paraît intelligent, difficile et
extrêmement plaisant.Mieux vaut sans doute commencer par
le périphérique. La grande surprise, pour un jeu musical basé sur des
lignes de basses appuyées, c'est que ce n'est pas une Opel Corsa en
plastique avec des alliages, un éclairage stroboscopique bas de gamme
et un spoiler. Le développeur FreeStyleGames a au contraire opté pour
une petite platine brillante et une table de mixage. Le résultat est
excellent : le revêtement en caoutchouc du plateau est impeccable et
l'appareil donne une agréable sensation de poids. Il offre en outre une
option pour changer les contrôles de côté pour les gauchers, et la
molette d'effets et le curseur ne vont pas se faire la malle après
quelques tours sur un morceau de DJ Shadow.Les trois boutons de
défilement – le vert, rouge et bleu – sont fixés directement à la
platine, tandis que la table de mixage se trouve sur le côté, avec un
potentiomètre linéaire sous forme de curseur, une molette pour les
effets, et un bouton «Euphoria». En plus de cela, l'appareil est
suffisamment petit pour se glisser sous une table basse, à côté de
votre Wii poussiéreuse et les restes de la banane à moitié consommée
que vous avez oubliée l'année dernière, au cas où de vrais DJ
viendraient vous rendre visite.

FreeStyleGames
dit que DJ Hero "permet au joueur de devenir l'âme de la fête". ils
n'ont à l'évidence jamais participé à une de mes soirées irlandaises
échevelées en costumes où c'est déjà le cas.
FreeStyleGames
a sagement choisi de ne pas mettre trop de boutons et de curseurs et,
même si c'est un contrôleur relativement simple, il autorise néanmoins
un jeu étonnamment profond. Celui-ci démarre de façon assez directe :
comme dans Guitar Hero, les joueurs doivent appuyer sur les bons
boutons aux bons moments pour jouer les notes, les boutons verts et
bleus représentant les deux disques que vous mixez, le bouton rouge du
milieu correspondant aux échantillonnages.La première
complication vient avec le scratching, exigé par des flèches à l'écran,
et la seconde suit rapidement avec le potentiomètre qui doit glisser
d'un disque à l'autre comme indiqué par une boucle dans la ligne au
néon qui représente chaque piste à l'écran. Réussir des enchaînements
vous permet d'accéder à l'Euphoria, qui semble fonctionner de manière
très similaire au Star Power (cette dernière phrase sera totalement
incompréhensible pour quelqu'un sortant d'un coma de 10 ans), tandis
qu'un indicateur de rembobinage séparé permet de revenir une deuxième
fois à un endroit rapportant de nombreux points pour éclater les scores
et rentrer dans le tableau d'honneur. Vous pouvez également revenir sur
un endroit ne rapportant que peu de points, si vous êtes totalement
idiot.Même si le jeu est indiscutablement de la même lignée que
la série Guitar Hero, il bénéficie à l'évidence d'un subtil
rééquilibrage. Certains changements sont immédiatement visibles : les
motifs de couleurs donnent à fond dans le néon disco, tandis que la
barre de frettes infinie des titres originaux s'est muée en une jolie
courbe de vinyle et que les divers stéréotypes de hard-rock qui
squattaient l'écran ont été remplacés par des DJ bizarrement
caricaturés et une masse ondulante de fans de techno.
Ce qui est moins évident, c'est que DJ Hero promet d'être un jeu
extrêmement technique, et à première vue très difficile, car il
nécessite de maîtriser en profondeur certaines compétences de mixage
dès que l'on sort du niveau débutant et que l'on s'aventure à faire
autre chose que simplement frapper la bonne note au bon moment. Par
ailleurs, voir quelqu'un y jouer est radicalement différent de voir
quelqu'un exécuter une brillante performance sur Guitar Hero, les
boucles et les grondements féroces des chansons utilisées semblant
hypnotiser les joueurs et focaliser leur attention sur une zone très
localisée, ce qui en fait encore plus un jeu de zone que les précédents
jeux musicaux.Quand on le questionne sur ce qui compte vraiment
– la liste des titres - Activision est ravi de souligner sa «variété
sans précédent», avec la promesse de 100 chansons et 80 mix originaux
dès le lancement. On compte dans cette liste David Bowie, DJ Shadow,
Gorillaz, Beck, Nirvana et Beastie Boys, ce qui se trouve d'ailleurs
être la même liste de gens que j'invite chaque année à mon anniversaire
et qui ne viennent pas.DJ AM, Z-Trip et DJ Shadow lui-même
seront inclus en tant que personnages internes au jeu, et il est sans
doute prévu que d'autres les rejoignent. Le plus intrigant cependant
est le fait que les DJ avec lesquels travaille FreeStyleGames pour
créer les mix s'occupent également eux-mêmes du marquage des notes, ce
qui laisse à penser que non seulement la conception de la musique et du
jeu bénéficie grandement d'un processus de retours et d'améliorations,
mais aussi que l'authenticité de la représentation de l'art du mixage
sera aussi parfaite que le permet un système qui inclut quelque chose
appelé «compteur d'Euphoria».

Désolé
pour le plastique fin qui tourne sur la page d'accueil. C'était ça ou
des feux d'artifice et des pots-pourris, ce qui est encore pire.
En
plus de la campagne en solo, il y a aussi des modes multijoueurs en
compétition et en coopération – les modes annoncés jusque-là incluant
une bataille en tête-à-tête DJ vs DJ – et 10 morceaux spéciaux qui
permettent de brancher des guitares/contrôleurs pour que tous les gens
présents s'amusent. Vous pourrez aussi rentrer dans le jeu par le biais
d'un micro, si vous tenez vraiment à faire comme certains DJ qui
murmurent des petites annonces incompréhensibles au meilleur moment
d'un morceau.La chose sans doute la plus intéressante, quand on
voit DJ Hero en action, est à quel point il laisse une impression
différente des autres jeux musicaux. Le plaisir qu'il y avait à
regarder un idiot se trémousser avec une guitare en plastique tandis
que son ami complètement bourré à la batterie manquait la pédale de
cymbales et envoyait par mégarde le chat valser à travers la fenêtre,
montrait que Guitar Hero était un jeu/sport spectacle comme peu
d'autres, tandis que la petite taille des instruments faisait, que même
si quelqu'un jouait vraiment très bien, il suffisait de réussir à le
filmer pour avoir sous la main quelque chose pour le faire chanter
pendant sa vie entière.Par contre,
regarder quelqu'un jouer à DJ Hero est à peu près aussi excitant que
regarder quelqu'un réparer un décodeur TV. C'est toujours un jeu
convivial parfait, mais l'exécutant est passé du premier plan à
l'arrière de la pièce, donnant vie à la bande-son de la soirée tandis
que les autres convives sauvagement bourrés piétinent allègrement son
mobilier hors de prix, se tirent avec la soeur de leur meilleur ami, et
discutent de techniques pour s'envoyer en l'air avec de la Jenlain et
du Prozac, ou autres choses en vogue chez les jeunes d'aujourd'hui.
D'ailleurs, en parlant des choses en vogue chez les jeunes
d'aujourd'hui, je suis prêt à parier que DJ Hero va rapidement en faire
partie.
Source: EUROGAMER.fr